[FIC]Il s'appelle Mouri [TERMINEE]

Samedi 2 février 2008
- Par Elle Sid - Publié dans : [FIC]Il s'appelle Mouri [TERMINEE]

j'avoue

j'ai pleuré en écrivant ce chapitre

mais j'avais prévu cette fin depuis le début

mm

-XIX-


           
Deux semaines avaient passées. Ronan avait refusé de retourner au lycée malgré ses blessures superficielles. Ses parents n’avaient pas eu le cœur de l’y obliger. Justine allait voir ses professeurs et lui amenait ses cours le soir. Le jeune homme les prenait toujours sans rien dire, et sans aucunes paroles, se mettait à travailler. Le médecin avait dit à ses parents qu’il pensait que Ronan ne dormait pas. Il passait cinq ou six fois par jour dans la chambre des deux garçons. Une fois au début de son service à 5h puis à avant sa pause à 10h, de nouveau à 14h, avant sa pause de 17h puis à 18h et enfin à la fin de son service à 23h. Parfois même à une ou deux heures du matin lorsqu’on avait besoin de lui en urgence.

            Nicole avait plus palie devant l’emploi du temps du médecin plutôt que du fait de savoir que son fils semblait toujours éveillé. Jacques avait simplement répondu que vu que Ronan ne bougeait pas de la journée, son corps n’avait pas vraiment besoin de repos. En faite, ça lui arrivait souvent de ne pas dormir de la semaine, lorsqu’il était en vacances par exemple, et qu’il ne bougeait pas de la journée, n’en ayant pas envie. L’homme en blouse blanche avait sourit et leur avait souhaité une bonne soirée. La petite famille était allée embrasser leur quatrième membre et Mouri toujours endormit.

            Ronan passait en effet son temps à regarder son petit ami. Le quittant du regard seulement quelques heures afin d’apprendre ses leçons et faire quelques exercices. Il connaissait par cœur les courbes de son visage, courbes qui n’avaient plus aucun rapport avec son visage d’avant. L’œil poché s’était peu à peu résorbé mais subsistait comme une petite bosse, un kyste au coin de l’œil, comme un ballon de rugby. La bouche entrouverte à cause de l’aide respiratoire laissait voir les trous à la place des incisives, les lèvres tuméfiées présentaient une drôle de ligne et leur taille doublée ne semblait pas vouloir diminuer. Le corps caché par une blouse d’hôpital était bandé sur tout le torse dont deux côtes avaient été cassées, il manquait trois doigts à la main gauche bandée et l’avant bras droit était de nouveau dans le plâtre. Les jambes ne présentaient que quelques égratignures. Ronan assistait toujours à la toilette du jeune homme et à chaque fois son visage était transfiguré par les larmes.

            C’était sa seule manière d’expression. Il n’avait même pas sourit à l’entente de la sentence du beau-père de Mouri. L’homme était repassé devant le tribunal et il avait écopé 30ans de prison ferme et son amande s’élevait à présent à plus de 500 000 €. Quant à ses heures de T.I.G, elles avaient été rehaussées de 100 heures. Non, Ronan n’avait rien dit, fixant seulement les polycopiés que venait de lui donner sa sœur.

            Un matin de la troisième semaine, Mouri avait ouvert les yeux. Ronan avait sursauté en voyant le garçon se redresser et se mettre à tousser en essayant d’enlever le tube en plastique qui reliait sa trachée à une bonbonne d’air. Le rouquin s’était précipité et avait doucement retiré le tube, Mouri ne pouvant définitivement pas le faire avec un bras dans le plâtre et une main avec trois doigts manquants. Puis le garçon à la peau d’ébène était retombé dans son oreiller et avait essayer de dire quelque chose, mais Ronan l’en avait empêché en posant ses doigts sur sa bouche.

            Ils se regardaient dans les yeux, sans ciller. Ronan caressait doucement la joue de son petit ami et tout deux versaient de fines larmes qui roulaient sur leur visage. Au bout d’un moment, leurs bouches s’étaient jointes en un tendre baiser et Ronan avait voulut le laisser un instant pour prévenir le docteur. Mouri l’en avait empêché.

-Non reste ! J’ai si mal…
-Chut… Ne parle pas mon amour, ne parle pas… Je reste…

            Ronan l’avait de nouveau embrassé pour le calmer mais Mouri avait repris la parole.

-J’ai tellement mal… Ronan j’ai si mal… J’ai l’impression de brûler, mon corps est un trou béant où s’engouffre vent et autre mouvances qui lacèrent mes chaires… Fait que ça cesse, je t’en pris fait cesser tout ça…

            Toujours en pleurant, Ronan avait regardé droit dans les yeux son petit ami dont les yeux brillaient de douleur puis avait délicatement enlevé le fin drap blanc qui recouvrait le corps meurtrit. Lentement, il avait frôlé le torse toujours recouvert de la blouse puis l’avait elle aussi enlevée. Le garçon était complètement nu en dessous et Ronan commença à embrasser chaque partie tuméfiée.

            Mouri avait tant bien que mal agrippé une de ses mains et ne la lâchait pas. Son sexe se dressa rapidement et ses larmes coulèrent de plus belle en voyant le roux commencer à prendre en bouche le membre. Tout son corps se détendit puis se raidit dans un spasme de plaisir. Le rouquin revînt vers sa bouche pour l’embrasser toujours en caressant tendrement son corps dont la douleur s’était apaisée. Mais cela ne lui suffisait pas, il savait que la douleur reviendrait, ses forces le quittaient peu à peu. S’il fermait les yeux, il avait l’impression que plus jamais il ne pourrait les rouvrir.

-Ron… S’il te plait…
-Qu’est-ce qu’il y a ?
-Je veux plus…
-… Mais… Non je… Tu as les côtes brisées je…
-S’il te plait… Si tu t’assoies juste sur mon bassin ça ira…
-Mouri je…
-Si tu m’aime fait le !

            Mouri semblait en colère, ses yeux bouillonnaient de rage et son corps souffrait encore plus. De plus grosses larmes coulèrent sur les joues blanches de Ronan alors qu’il regardait Mouri avec une expression de terreur sur le visage.

-Je t’en pris… Moi je t’aime tant…

            De sa main libre, il avait approché le visage de Ronan du sien et l’avait doucement embrassé. Le garçon avait alors retiré ses chaussures en s’aidant de ses pieds et avait enjambé le corps meurtri pour se retrouver à quatre pattes au dessus, n’ayant que sa bouche en contact avec le corps sous lui. Tout en continuant d’embrasser Mouri, il enleva un à un tous ses vêtement. Lorsqu’il fut complètement nu, il pris doucement la main bandée de Mouri et balada les deux doigts restant sur sa peau dont les poils s’hérissaient. Il vit dans le regard du garçon un merci qui valait tout ce qu’un homme rêverait de posséder. Il caressa doucement la joue brune et les larmes continuèrent d’y rouler doucement. Puis il se redressa et deux de ses doigts toujours sur la joue de son petit ami glissèrent sur sa bouche. Mouri compris et l’entrouvrit immédiatement pour laisser sortir sa langue qui les lécha.

            Ronan fit glisser la main meurtrie sur son bassin qu’il redressa, l’y laissant pour écarter ses fesses et y immiscer ses deux doigts. Son visage se crispa puis se détendit en sentant l’index de Mouri caresser doucement son haine. Il plongea alors son regard dans le noir profond et fit bouger ses doigts, la bouche entrouverte. Les larmes semblaient s’arrêter et il embrassa la joue salée puis la bouche au même goût avant d’enlever ses doigts et commencer à s’asseoir sur le bassin de Mouri. Sa main glissa pour prendre délicatement le sexe brun et le diriger vers sa cavité humide. Il s’assit alors complètement, sa chair engloba d’un coup la verge dressée et il ferma les yeux, le visage crispé de douleur.

-Ron !
-Chut… Ne dis rien, c’est moi qui ai voulut… Je n’ai pas mal ne t’inquiète pas… Ne dis rien… Ne dis rien…

            Se laissant tomber sur les coudes, de chaque côté du visage de Mouri, il se mit à l’embraser tout en commençant à balancer son bassin, aspirant un peu plus la hampe de chair à chaque vas et viens. Les deux garçons se mirent à gémir et bientôt le baiser cessa. Tout en prenant bien garde à ne pas toucher le torse meurtri de Mouri, Ronan s’accrochait aux cheveux crépus, sentant les deux doigts s’agripper du mieux qu’ils pouvaient à ses hanches toujours en mouvement. Sa bouche ouverte laissait échapper des gémissements de plus en plus intenses, le menton posé dans le creux du cou brun, sentant le souffle rauque de Mouri contre sa nuque.

            Dans un effort surhumain, il se redressa brusquement au moment de la jouissance et son cri resta bloqué au fond de sa gorge alors que ses larmes coulaient de nouveau sur ses joues et que le voyant du cardiogramme s’allumait pour signaler un rythme cardiaque trop intense. Le liquide chaud se répandit en lui au même moment et le torse bandé se cambra laissant un rictus de douleur intense sur le visage de Mouri mélangé à l’expression d’extase.

Il resta assit de cette manière un long moment. Les yeux plongés dans ceux de son petit ami qui tentait de lui sourire alors qu’il ne parvenait pas à reprendre son souffle. Ses larmes coulaient de nouveau à flot et il se pencha doucement en avant pour enserrer tendrement le cou brun, posant délicatement le visage contre sa clavicule, un fluide chaud et salé s’y répandait doucement.

-Chut mon amour… Calme toi, ferme les yeux…
-… Je t’aime, je t’aime…
-Ferme les yeux mon amour… Ne pleure plus, je reste avec toi… Je serais avec toi pour toujours… Chut…
-Ne… Ne m’oublie pas…
-Jamais, jamais, jamais, jamais…

            La voix de Ronan se perdit dans un baiser tendre empreint d’une tristesse infinie et d’une promesse éternelle. Ses larmes continuèrent de couler et le bip de l’électrocardiogramme rompit le silence qui s’était installé dans la pièce. Un groupe de personnes, dont le docteur, débarquèrent rapidement dans la pièce. Mais Ronan toujours dans la même position se redressa, le visage larmoyant et les yeux plissés de tristesse.   

-Ne faites pas un pas de plus ! On ne veut pas ! …Il ne veut pas… Laissez-nous s’il vous plait… S’il vous plait, ne revenez pas… Plus jamais… Jamais, jamais, jamais, jamais…

            Comme une poupée de chiffon, il se laissa glisser sur le corps vide et l’enserra de toutes ses forces, toujours le même mot au bout des lèvres et des larmes au bord des yeux. Les infirmières sortirent rapidement de la salle mais le médecin s’approcha doucement et pris délicatement le drap blanc pour le poser sur les corps enlacés. Il sortit de la pièce en refermant doucement la porte, des larmes perlèrent aux coins de ses yeux et il dû les essuyer d’un revers de manche avant de se diriger vers le téléphone le plus proche.

            Ronan resta dans cette position jusqu’à ce que sa sœur et Alexandre arrivent pour le soutenir et le serrer contre eux. Le corps brun fût transporté dans les chambres glaciales de l’institut médico-légal et Mouri resta ancré au plus profond de l’esprit du rouquin qui le sentait courir et sourire dans sa poitrine, tout près de son cœur tambourinant.

 

 

 

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